Histoire de Saultain

A 4 km de Valenciennes, la commune de SAULTAIN est située entre l'Aunelle et la Rhonelle, tous deux affluents de l'Escaut.
Elle est traversée par la route qui reliait Valenciennes au Quesnoy, est limitée vers l'ouest par un ancien chemin dit des postes qui conduisait en ligne droite d'Onnaing à Famars et est baignée par une source située derrière la place qui détermina sans aucun doute les premiers habitants à s'y établir.
La superficie de la commune est de 654 hectares. La population, qui était de 219 habitants au début du XVIIIème siècle est de l'ordre de 2 000 habitants depuis la fin du XXème siècle.
LES ORIGINES :
Un diplôme de Charles le Chauve en date du 13 août 877 fait mention d'un village au nom de SALCEM (qui vient du latin salix qui signifie saule).
LE FIEF DE SAULTAIN :
Saultain était au deçà de Marchipont dans les limites du comté de Valenciennes.
Au début du XIIème siècle, il constituait un fief qui relevait en 1196 de Gauthier de Quiévrain et de l'un des pairs du Château de Valenciennes, Gérard de Prouvy, ce haut domaine se perpétua à travers les siècles bien que des changements soient intervenus dans les Seigneuries.
Un bois en avait été détaché en 1142 au profit de l'Abbaye de Saint Jean de Valenciennes avec obligation pour celle-ci de défricher. En avril 1197, à la suite d'un arbitrage du comte Bauduin de Hainaut, l'abbaye de Saint Jean fut admise comme copropriété de ce fief jusqu'alors indivis entre les seigneurs Thierry del Pierre, Nicolas de Jenlain, Robert de Saultain et Drunon de Wargny.
Un cartulaire de 1450 fait état de trois fiefs " egauxen auctorité et prééminence " l'un dit Justice d'Hartaing appartenant à Saint Jean, le second dit de Laidain, le troisième dit de Cantain et d'une douzaine d'autres nettement moins importants.
LES CENSES
Elles étaient au nombre de 5 :

  • La Cense de la tour, dite nouvelle, d'environ 55 hectares louée par Saint Jean en 1575 mais qui fut ruinée pendant le siège de Valenciennes de 1657. 
  • La Grande Cense ou Cense de Saultain dès 1450, dite aussi Cense de l'Abbaye, d'environ 180 hectares, qui fait partie du domaine de Saint Jean. Le dernier bail de la Grande Cense souscrit le 4 février 1786 était prévu pour 9 ans. 

Cette cense (actuellement propriété de la famille Danjou), vaste bâtiment aux soubassements de grés surmontés de murs en moellons, subsiste encore à côté de l'église vers Valenciennes. Elle a malheureusement perdu l'un de ses côtés lors de la première guerre mondiale.
Le porche d'entrée est surmonté par un pigeonnier s'ouvrant sur deux faces qui est classé monument historique.

  • La Cense Maison de Laidain, front à la route de Saultain à Curgies, 50 hectares, du XVème siècle jusqu'à la fin de XVIIIème siècle. 
  • La Cense les Dépendances de Cantain dite du Hameau en la rue du Rieu de la fontaine de 1450 à 1825. 
  • La Cense Le Mesureur sur le Chemin de Préseau, environ 30 hectares, à partir du XVIème siècle.

Les 4 dernières censes possédaient chacune au début du XVIIIème siècle un troupeau de 150 à 180 moutons, 10 à 15 chevaux, 15 à 16 bêtes à cornes. Une ancienne Cense dite de Beauvois, dont le nom est encore celui d'une section cadastrale de Saultain, existait cependant sur Aulnoy et quelques-unes de ses terres étaient sur Saultain en deçà du vieux chemin de Le Quesnoy. Cette cense fut détruite lors des incursions du roi de France Louis XI dans le Hainaut.
Le travail des champs ne retenait pas tous les bras car en 1700 il existait un maréchal, deux tisserands, un cabaretier et plusieurs serviteurs gagés au dehors. Beaucoup de terres de Saultain étaient occupées par des forains, c'est-à-dire par les cultivateurs des villages voisins, seize en moyenne, dont plusieurs d'Estreux louant à eux seuls 60 hectares. Les autres d'Aulnoy, de Curgies, de Marly, de Préseau.
Quatre moulins à vent furent construits à Saultain, l'un au XIIème siècle vers Curgies et Estreux, 2 sur la droite de la route de Valenciennes au Quesnoy avant le cimetière actuel, 1 en 1786 derrière le presbytère actuel.
LES PAUVRES DE SAULTAIN
Les pauvres, les " communs pauvres " disposaient aussi d'un patrimoine foncier, distinct de celui de l'église et de celui du presbytère, et dont l'origine se perd dans la nuit des temps (un contrat de 1286 lui attribue déjà une part d'usufruit et en 1316 Isabeau de Saultain lui réserva plusieurs legs). Les parcelles de terre en étaient données à bail par adjudication publique.
LA PAROISSE
Une bulle du 21 janvier 1146 du Souverain Pontife Eugène III fait une mention de l'existence de la paroisse de Saultain. Le village était sous le patronat religieux de Saint Jean de Valenciennes. L'église paroissiale est vouée à Saint Martin depuis le début du XVIème siècle.
La paroisse avait :
Son clerc instituteur dès 1318. Il assistait le curé dans son ministère, tenait le lutrin aux messes des défunts, allait à la ville voisine pour le service de l'église. Il instruisait les enfants de la paroisse en lecture et en écriture - 20 élèves en 1761, 41 en 1785. Son égliseur qui était un habitant de la paroisse changeant d'une année à l'autre à la Saint André. Il était chargé de la tenue des comptes des revenus de l'église et des dépenses correspondantes. Son marnbourg des pauvres.
Jusqu'en 1789, les terres appartenant à l'église représentaient une superficie de 6 à 7 hectares. Le produit de leur location et celui des rentes provenant de divers legs des messes et des quêtes suffirent toujours à l'entretien de l'église et de son mobilier et même au remboursement d'un emprunt souscrit en 1760 pour la reconstruction de l'église (1759-1760). Cette église, rebâtie en 1759, qui remplaçait l'église primitive construite au même endroit par des moines fut édifiée en briques façonnées sur place et cuites avec le charbon que le marquis de Désandrouins venait de trouver à Fresnes.
Elle fut vendue, comme bien national, le 27 mars 1799 pour 81000 francs à J.B. LABOUREAU et Michel DERQUENNE mais fut conservée et rendue ensuite au culte. Le clocher fut reconstruit en 1880, ses 5 cloches ne survécurent pas à la guerre de 1914. Le presbytère (au carrefour actuellement divisé en appartements) a été édifié en 1880. Le calvaire à l'angle de la route de Valenciennes au Quesnoy et du Chemin des Wuillons fut béni en 1890.
SAULTAIN DE NOS JOURS....
Saultain est une bourgade semi rurale, semi urbaine qui, dès le début du XIXème siècle, se tourne vers l'industrialisation. L'habitat en est transformé, avec la construction de " châteaux " et de nombreux logements collectifs ou isolés. Sa position au carrefour de l'autoroute A2 et de la nationale menant à Maubeuge a favorisé l'implantation de nombreuses entreprises qui dynamisent aujourd'hui l'économie locale ; Un parc de loisirs de 2 ha en plein centre ville ou encore d'anciennes fontaines donnent à cette commune un accent nature, qu'elle arbore jusque dans son nom. Saultain signifiant " lieu planté de saules ".
Saultain en 1993 a reçu le prix national  de l'arbre, est lauréat au concours des villages fleuris, au prix régional de formation, au marathon national vétéran et accueille de nombreux clubs sportifs très dynamiques,  des commerces, et des services para-médicaux. 

Une école maternelle, une école primaire, regroupant 250 enfants, une garderie périscolaire, une cantine et une créche démontrent l'accent porté sur la jeunesse.

Des festivités ponctuent l'année:

  • Les Foulées Printanières en mars
  • La fête de la St Jean en juin
  • Le spectacle "Saultain s'illumine" en décembre